• Un AlençOrnais méconnu
     Ce général, bien connu à l’hôpital, a pourtant vécu 45 ans à Alençon. 

     

    Ce général a servi sous Bonaparte et s'est révélé un bienfaiteur de l'hôpital d'Alençon.

    « Si le militaire Cavalier a bien servi la France, il n’en a guère été récompensé (…) En revanche, le civil Cavalier a su gagner l’estime et le respect de ses concitoyens par les services désintéressés qu’il leur a rendus ».

    Ainsi parle Yves Roth dans un long article consacré à ce général Bulletin de la SHAO, Société Historique et Archéologique de l’Orne, décembre 2014.

    Né en 1772 dans les Cévennes, Jacques Cavalier a fait partie de l’expédition en Égypte, sous les ordres de Bonaparte, comme les Ornais Bertre, Conté et Desgenettes, respectivement savants et médecin. En 1798, il y formera le « régiment des Dromadaires », comptant près d’un demi-millier de soldats.

    Patron des gendarmes 

    En septembre 1801, il débarque à Alençon, où doit résider celui qui vient d’être nommé chef de la troisième légion de gendarmerie, qui regroupe quatre départements (Orne, Sarthe, Mayenne et Eure-et-Loir).

    À Alençon, il habitera successivement à diverses adresses, notamment à l’actuel 48 rue Balzac, mais il résidera également au château de Glatigny à Cuissai, en bordure de la route qui mène à Livaie.

    Yves Roth rapporte que Cavalier eut du travail, la région étant « peu sûre ». Exemple en 1804. La maison de M. de Badoire à Damigny était la cible de brigands. Informé, Cavalier plaça des gendarmes en embuscade : les six pillards furent tués ou arrêtés.

    Cavalier prit deux fois sa retraite : en 1816, avant d’être rappelé en 1830 pour devenir patron de la gendarmerie de l’Orne, puis en 1834 quand il quitta ses fonctions, malgré les regrets des notables de l’époque.

    Investi à l’hôpital 

    Disponible, Cavalier devient alors conseiller municipal d’Alençon. Yves Roth évoque longuement son travail « intense ». On lui doit (entre autres) la création du square de La Sicotière, au pied nord de l’hôtel de ville, puisqu’il s’opposa à la vente de ce terrain.

    Parmi les sujets d’occupation de celui qui fut également conseiller d’arrondissement et conseiller général : l’hôpital. Et pour bien assumer sa tâche de surveillance des travaux, il démissionne du conseil municipal. Cavalier ne veut donc pas cumuler les mandats. Mais « on » le fera revenir sur sa décision.

    Interdit de cimetière 

    Sur le plan privé, il se dit que Cavalier, franc-maçon, était « un étalon homme à femmes » et qu’il aurait eu de nombreux enfants naturels. Doit-on évoquer cela sous la rubrique « Comme son nom l’indique » ?

    En tout cas, il eut une fille légitime, Adèle, née sen 1803 à Alençon, épouse de l’avocat Jahan de Lislet, décédée au château de Glatigny en 1896, peu après avoir fondé les Petites Sœurs des Pauvres à Alençon.

    Décédé en 1846 dans son hôtel de la rue Balzac (Quelques jours après son décès, son nom fut donné à la cour d’honneur de l’hôpital, côté rue de Sarthe), Cavalier fut inhumé dans le parc du château de Glatigny : « protestant, on lui refusa l’accès du cimetière ». C’est à la fin du XIXe siècle qu’une chapelle fut édifiée dans le cimetière et que le corps du général y fut rapatrié.

    Une sépulture restaurée par le Souvenir français, et qui a été le théâtre d’une cérémonie à la mémoire d’un Ornais d’adoption méconnu, le jeudi 26 mai.

    Article paru dans L’Orne-Hebdo


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