• Le Finistérien qui traque le yéti

    Baroudeur dans l'âme, le Quimperlois Jean-Louis Maurette revient d'une expédition en Russie, à la recherche du Yéti. | Crédit photo : DR

    Passionné par l'homme sauvage depuis son enfance, l'écrivain-explorateur parcourt les terres russes à sa recherche. Dans l'Altaï en 2013, au Caucase cette année

    Dans les contrées reculées de la Russie, l'homme sauvage s'appelle Almas ou Almasty. Sous d'autres latitudes, il se nomme Yéti.

    Si dans les années 1960, la grande spécialiste du genre était la chercheuse Marie-Jeanne Koffmann, les expéditions sur ses traces se font rares depuis. Toujours en vie, l'ancienne présidente de l'association de cryptozoologie de Russie coule une retraite tranquille à Paris. Et conseille, de temps à autre, le Quimperlois Jean-Louis Maurette. Plongeur invétéré et passionné par les épaves sous-marines, il les découvre et les visite avec l'expédition Scyllias, dont il est un membre très actif. L'homme est aussi un baroudeur sur terre. Sa mission actuelle : tenter de trouver trace du Yéti, avec son ami et mécène Henry de Tydere, ancien banquier installé en Russie.

     

    Un mois dans le Caucase

    « Quand j'avais 10 ans, un cousin m'a offert un livre de Bernard Heuvelmans, le fondateur de la cryptozoologie, Sur la piste des bêtes ignorées, se souvient Jean-Louis Maurette. Mais je ne l'ai pas lu. Je n'ai mis le nez dedans que vers 13 ou 14 ans ! Tout est parti de là. »

    Aujourd'hui à 55 ans, il mène de front ses deux passions : la plongée et la cryptozoologie. Et revient d'un mois à la recherche du Yéti au Caucase. « Pour aller à la source, là où sont parties les premières informations sur un homme sauvage. »

     

    « Nous n'avons rien trouvé »

    Un mois dans les montagnes du sud-Caucase, dans le kraï de Krasnodar. Une région peuplée dans la vallée qui ourle la rivière Pchekha, désertée dès que l'on prend de la hauteur. « C'était plus difficile que dans l'Altaï, l'an passé. Il y a beaucoup plus de végétation. Une journée, on pouvait avoir 30 ou 32° et le lendemain, des orages avec de fortes pluies. Il y a eu de la grêle deux fois », raconte Jean-Louis Maurette.

    Avec Henry de Tydere, son camarade d'exploration, il avait troqué les bâches pour dormir dans l'Altaï contre des tentes légères. Ensemble, ils ont marché des kilomètres et des kilomètres, grimpé sur des rochers, examiné des grottes... « Nous avons rencontré un Russe qui nous a dit qu'il existait une grotte des Almasty. Nous y sommes allés. Nous n'avons rien trouvé. »Avec Sergueï, leur correspondant russe spécialiste des fossiles, ils crapahutent de chaque côté de la rivière, vont vers les hauteurs. Rien.

     

    Y retourner plus longtemps

    « Avec Sergueï, on a eu de bons contacts avec les Russes. Mais ils ne sont pas vraiment causants ! » relance Jean-Louis Maurette. Un jour, alors que Sergueï et Henry cherchent des ammonites fossiles, le Quimperlois se promène et découvre une empreinte de pied. « Un pied droit, nu, d'au moins 45 à 47 cm, à un endroit où il n'y a personne. Quand Sergueï l'a vue, ça l'a interpellé. » Jean-Louis Maurette prend l'empreinte en photo. Hormis un homme sauvage, « qui irait se promener pieds nus dans un coin perdu comme ça ? »

    Persuadé que sa quête aboutira un jour, Jean-Louis Maurette aimerait repartir « pour une mission d'au moins six mois, dans une isba perdue. On poserait des cellules photoélectriques, une caméra thermique pour surprendre l'homme sauvage. La rencontre avec la créature ne peut être que fortuite. Ni homme, ni animal, le Yéti est intelligent. Des témoignages de son existence sont rapportés. »

    L'explorateur cherche à écrire un livre. Pour l'instant, il n'a que peu de témoignages. « Ce sera intéressant d'aller au bout de la démarche, conclut-il. Est-ce un mythe ? Est-ce une réalité ? Est-ce qu'un mythe laisse des traces ? Les gens des villes disent que c'est un mythe. Mais ceux qui vont sur place, y croient. Pour eux, ça existe ! »

    Article paru dans Ouest-France


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