• Nauroy va revivre le temps d’une cousinade

    Une association se mobilise pour la mémoire de cette commune rayée de la carte en 14-18. Une grande fête et la sortie d’un livre sont prévues.

     

    Nauroy va revivre le temps d’une cousinade

    La première « réunion des familles » a eu lieu le 24 juin 1934 sur le site de Nauroy. Sur ce cliché, Yvette Gros est au premier rang en blanc. - Les Amis de Nauroy

     

    La guerre les a forcés à fuir leur village. Ils n’y sont jamais revenus. Eux, ce sont les membres des 19 familles qui habitaient le paisible village de Nauroy avant 1914, situé à 17 km à l’est de Reims. Occupé, bombardé, il ne sera pas reconstruit. S’ils n’ont pas pu s’y réinstaller, certains ont continué à venir régulièrement fouler les terres de leurs ancêtres.« De 1934 à 1939, des réunions des familles ont été organisées chaque année le 24 juin à la Saint-Jean-Baptiste, le saint patron de l’église et du village », explique Jacques Gallois. L’association qu’il préside, Les Amis de Nauroy, souhaite remettre sur pied ces « cousinades » d’antan. Objectif : réunir le 24 juin prochain les descendants de ces habitants « histoire de terminer par un coup d’éclat cette période du centenaire 14-18 ». Si l’association travaille d’arrache-pied, notamment grâce aux outils de généalogie, pour retrouver ces familles, elle relance l’appel « à tous ceux qui pensent être descendants de ces habitants : qu’ils n’hésitent pas à nous contacter pour nous confier leurs souvenirs et leurs documents ! » 

     

    Une centaine de descendants déjà recensés

    Yvette Gros avait 9 ans en 1934. Si la Grande Guerre n’avait pas rayé Nauroy de la carte, elle y aurait grandi. C’est non loin, à Mourmelon, que sa famille a choisi de s’établir après le conflit. Elle se souvient de ces fameuses réunions annuelles des familles : « On allait d’abord à la messe qui était célébrée sur les marches de la chapelle (un édifice construit dans les années 1920 sur le site du village détruit, NDLR). Ensuite, on allait déjeuner dans un restaurant à Beine. Pour la petite fille que j’étais, c’était en réalité assez ennuyeux toutes ces conversations d’adultes. Ça ne m’intéressait pas. Mais tout le monde était content de se retrouver. Nous, les enfants, on était placés à table avec les adultes. On ne pouvait pas chahuter. Il fallait rester assis, bien sages. » Sur la photo ci-contre, Yvette est au premier rang en blanc, à côté de son cousin Jean Gallois. Sa mère, son oncle et ses grands-parents, Alma et Félix Gallois, prennent aussi la pose pour l’occasion ce lundi 25 juin 1934, lors de la première « réunion des familles ». La grand-mère de bientôt 93 ans, qui habite désormais à Lyon, près de son fils, rêverait de pouvoir assister à la prochaine fête, « mais je ne peux pas. La tête va bien, assure-t-elle, les jambes, beaucoup moins… J’espère que ce sera réussi et j’ai hâte d’en avoir des échos. » 

    Les Amis de Nauroy ont déjà recensé une centaine de descendants. Le 24 juin prochain, le programme sera semblable à celui du siècle précédent. Mais, pour les Amis de Nauroy, « ce sera la première et, sans doute, la dernière fois », prévient Jacques Gallois.

     

    Alice Renard

    Renseignement sur www.lesamisdenauroy.fr


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