•  La BD évoque l'Histoire d'un duché

    Breizh, Histoire de la Bretagne, tome 5 : La Guerre des deux Jeanne, Nicolas Jarry et Gwendal Lemercier. Editions Soleil, 52 pages, 14,95 euros.

     

     

    Plus qu’une histoire de la Bretagne, ce volume nous donne une histoire des ducs de Bretagne et leurs démêlés avec leurs puissants voisins, la France et l’Angleterre.

    Prétendant au duché, Arthur est assassiné par son oncle Jean sans Terre.

    Philippe Auguste fait épouser l’héritière de Bretagne par Pierre de Dreux, un de ses cousins, mais celui-ci s’émancipe de la tutelle française en veillant à l’indépendance du duché…

    Si une douzaine de pages sont consacrées au premier duc capétien de Bretagne, ses successeurs sont (trop) rapidement expédiés jusqu’à la mort de Jean III.

    Malgré trois mariages, le duc Jean III n’a pas engendré d’héritier.

    La moitié du volume relate l’opposition des deux prétendants qui aspirent à sa succession : Jeanne de Penthièvre (fille de son frère, mariée à Charles de Blois, neveu du roi de France) et Jean de Montfort (son demi-frère marié à Jeanne de Flandre).

    Jean III refuse de choisir entre les deux compétiteurs.

    Blois est soutenu par la France, Montfort par les Anglais.

    La Bretagne se divise en deux, la guerre de succession va durer vingt longues années, dans ce qui pourrait ressembler à une adaptation régionale des « Rois maudits ».

    Livre d’histoire en BD, la Guerre des deux Jeanne, passionnera les amoureux d’histoire et de la Bretagne mais elle ne nous dit rien de la vie du peuple et la mise en couleur sombre des dessins est rébarbative.

    Historiquement précis, il manque à cet album le souffle de l’épopée que Druon avait insufflé dans ses Rois Maudits pour séduire le grand public.

     


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  • Une Bretonne portant une Croix de guerre

    Grâce à un appel à témoins passé sur Facebook et relayé par « Le Télégramme », le musée de la résistance bretonne a pu identifier la femme photographiée le 27 juin 1947. France-Info a pu joindre le petit-fils de cette Bretonne dont la famille a été meurtrie par la guerre.

     

    Capture d'écran de l'appel à témoins lancé par le musée de la résistance bretonne de Saint-Marcel (Morbihan). (Musée de la résistance bretonne/Facebook)

     

    Sur la photographie, elle fixe l'objectif sans esquisser un sourire. Croix de guerre épinglée sur sa robe noire, cette Bretonne en costume traditionnel pense peut-être à ses morts, en ce 27 juillet 1947. Ce jour-là, le général de Gaulle est à Saint-Marcel (Morbihan) pour honorer les maquisards bretons, durement frappés à l’été 1944 par l'armée allemande. Ce visage grave, extrait du fonds iconographique du musée de la résistance bretonne du village, a longtemps résisté aux recherches historiques. « Cette figure de Bretonne nous a interpellés par son regard, par ce qu'on devine de son vécu », explique à France-Info Tristan Leroy, conservateur du musée.

    Mais impossible de mettre un nom sur ce cliché. Bloqué dans ses recherches, le musée décide de faire appel aux réseaux sociaux pour identifier la femme à la Croix de guerre. « On s'est dit : Pourquoi ne pas utiliser les réseaux sociaux dont on dit tellement de mal, ça peut fonctionner », retrace le conservateur. Le 11 avril, un appel à témoins est posté sur la modeste page Facebook du musée, suivie aujourd'hui par 2400 personnes. Une première réalisée sans grande conviction. « On n'y croyait pas trop », reconnaît Tristan Leroy. Le public visé, des survivants de cette période, n'est pas le plus connecté.

     

    Un « emballement » efficace

    L'image dépasse très vite le simple cercle des amis du musée. « Tout de suite, cela a été l'emballement. Nous avons reçu des centaines de commentaires, avec des choses plus ou moins pertinentes », se souvient le conservateur du musée. Pendant que l'équipe du musée épluche chacune de ces pistes, la presse locale s'empare de l'affaire. Le 13 avril, Le Télégramme relaye l'appel à témoins dans ses colonnes. « La presse locale était plus adaptée à la cible, explique Tristan Leroy. Mais c’est grâce à l’emballement sur les réseaux sociaux qu'elle a relaté cette affaire ».

    Sur l'île de Groix (Morbihan), Monique Pichot ouvre, comme tous les matins, son journal. « Mon épouse a reconnu tout de suite ma grand-mère, parce qu'elle est du pays, de Plumelec. Je n'avais jamais vu cette photo mais la grand-mère, je l'ai très bien reconnue », raconte à France-Info René Pichot, 86 ans.

    Le petit-fils se souvient de cette journée de juillet 1947. « Sur le chemin, j'ai chuté de vélo et je me suis cassé le poignet. J'avais le bras en bandoulière pendant toute la cérémonie, se remémore-t-il au téléphone. C'était assez émouvant, il y avait un monde fou. »

     

    Une famille décimée par la guerre

    Née en 1878 à Plumelec (Morbihan), Marie-Julienne Gautier, surnommée la « mère Samson », a de bonnes raisons de ne pas sourire sur cette fameuse photographie. Cette Croix de guerre avec palmes qu'elle arbore n'est pas la sienne. C'est celle de son fils, Eugène Morizur, chef des Forces françaises de l'Intérieur (FFI) de Plumelec, exécuté par les Allemands le 12 juillet 1944. Elle aurait pu aussi la recevoir pour son deuxième mari, Ernest Samson, membre des FFI mort en déportation. Ou pour sa belle-fille, pendue par les seins, selon Le Télégramme, pour son petit-fils Robert ou encore deux de ses neveux, tous tués par les troupes du Reich. « C'était une époque terrible. En peu de temps, sa famille a été décimée », résume René Pichot.

    L’histoire de ma grand-mère mérite d’être connue, les gens ne se rendent pas compte de ce qui a pu se passer dans le maquis breton...

    Alerté par Le Télégramme, le musée publie une notice détaillée sur le parcours de cette femme. « Cette photo est bien plus qu’une simple photo anonyme qui ne nous aurait pas été d’une grande utilité, se félicite Tristan Leroy. C'est une photo qui s'incarne, on connaît désormais la somme de souffrances que cette femme a pu endurer et son histoire va nous permettre d'évoquer ces moments douloureux de l'histoire bretonne », Il ne s'interdit pas de refaire des appels à témoins, en cas de nouveaux blocages.

    En plein examen des collections, le conservateur espère inaugurer le 18 juin 2020 un nouveau musée, « incarné », « à hauteur d'hommes » où Marie-Julienne Gautier figurera en bonne place. « Les derniers témoins et acteurs de cette période disparaissent, notre défi est de prendre le relais », estime Tristan Leroy. Dans son pavillon de l'île de Groix, René Pichot fait le même constat, avec d'autres mots. « J'étais étonné que personne ne l'ait reconnue avant. Si je n'avais pas réagi, ils auraient eu du mal à la retrouver, regrette l'octogénaire, avant de réaliser : des gens plus âgés que moi, il n'y en a plus beaucoup ».

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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  • Des Racines et des Ailes dans le Morbihan

    « Des Racines et des Ailes », sur France 3 consacrera une émission spéciale au Morbihan. Une équipe vient d'arriver à Vannes pour quinze jours de tournage et sera au château de Pontivy jeudi.       Archives Ouest-France

     

    Cet automne, le magazine de France 3, « Des Racines et des Ailes » consacrera une émission spéciale au Morbihan. Une équipe vient d'arriver à Vannes pour quinze jours de tournage. Elle sera au château de Pontivy jeudi.

     

    Le Morbihan et ses charmes seront à nouveau vantés dans l'émission « Des Racines et des Ailes », sur France 3. Une équipe de quatre personnes vient d'arriver à Vannes pour quinze jours de tournage. Elle sera sur le chantier de restauration du château de Pontivy jeudi.

     

    Des drones et même un hélicoptère

    « Entre trente-cinq et quarante jours de tournage seront nécessaires à engranger 110 minutes d'images, explique Julie Zwobada, productrice et réalisatrice de la société LM films. Nous reviendrons en mai. » Les caméras tourneront au sol, en mer, sur un drone et même en hélicoptère, dans tout le département.

     

    L'émission spéciale Morbihan sera diffusée en septembre.

     


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  • Une association se mobilise pour la mémoire de cette commune rayée de la carte en 14-18. Une grande fête et la sortie d’un livre sont prévues.

     

    Nauroy va revivre le temps d’une cousinade

    La première « réunion des familles » a eu lieu le 24 juin 1934 sur le site de Nauroy. Sur ce cliché, Yvette Gros est au premier rang en blanc. - Les Amis de Nauroy

     

    La guerre les a forcés à fuir leur village. Ils n’y sont jamais revenus. Eux, ce sont les membres des 19 familles qui habitaient le paisible village de Nauroy avant 1914, situé à 17 km à l’est de Reims. Occupé, bombardé, il ne sera pas reconstruit. S’ils n’ont pas pu s’y réinstaller, certains ont continué à venir régulièrement fouler les terres de leurs ancêtres.« De 1934 à 1939, des réunions des familles ont été organisées chaque année le 24 juin à la Saint-Jean-Baptiste, le saint patron de l’église et du village », explique Jacques Gallois. L’association qu’il préside, Les Amis de Nauroy, souhaite remettre sur pied ces « cousinades » d’antan. Objectif : réunir le 24 juin prochain les descendants de ces habitants « histoire de terminer par un coup d’éclat cette période du centenaire 14-18 ». Si l’association travaille d’arrache-pied, notamment grâce aux outils de généalogie, pour retrouver ces familles, elle relance l’appel « à tous ceux qui pensent être descendants de ces habitants : qu’ils n’hésitent pas à nous contacter pour nous confier leurs souvenirs et leurs documents ! » 

     

    Une centaine de descendants déjà recensés

    Yvette Gros avait 9 ans en 1934. Si la Grande Guerre n’avait pas rayé Nauroy de la carte, elle y aurait grandi. C’est non loin, à Mourmelon, que sa famille a choisi de s’établir après le conflit. Elle se souvient de ces fameuses réunions annuelles des familles : « On allait d’abord à la messe qui était célébrée sur les marches de la chapelle (un édifice construit dans les années 1920 sur le site du village détruit, NDLR). Ensuite, on allait déjeuner dans un restaurant à Beine. Pour la petite fille que j’étais, c’était en réalité assez ennuyeux toutes ces conversations d’adultes. Ça ne m’intéressait pas. Mais tout le monde était content de se retrouver. Nous, les enfants, on était placés à table avec les adultes. On ne pouvait pas chahuter. Il fallait rester assis, bien sages. » Sur la photo ci-contre, Yvette est au premier rang en blanc, à côté de son cousin Jean Gallois. Sa mère, son oncle et ses grands-parents, Alma et Félix Gallois, prennent aussi la pose pour l’occasion ce lundi 25 juin 1934, lors de la première « réunion des familles ». La grand-mère de bientôt 93 ans, qui habite désormais à Lyon, près de son fils, rêverait de pouvoir assister à la prochaine fête, « mais je ne peux pas. La tête va bien, assure-t-elle, les jambes, beaucoup moins… J’espère que ce sera réussi et j’ai hâte d’en avoir des échos. » 

    Les Amis de Nauroy ont déjà recensé une centaine de descendants. Le 24 juin prochain, le programme sera semblable à celui du siècle précédent. Mais, pour les Amis de Nauroy, « ce sera la première et, sans doute, la dernière fois », prévient Jacques Gallois.

     

    Alice Renard

    Renseignement sur www.lesamisdenauroy.fr


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